16.2.09

Petite escapade en terre Bourguignonne


10 janvier 2009 - 5 février 2009

Entre Kirghizie et Gorkhaland, petite escapade en terre Bourguignonne.


Voyage sur le vin.




Saint Désert,

Ca résonne comme un sable blond que l’on se chuchote à l’oreille pour rêver d’horizons lointains. Un désert d’opulence, où seul l’accent rocailleux des habitants, leurs mains façonnées par le labeur, leur regard clair évoque la dureté de la terre. Désert étonnant où de tout coté la vigne s’évade vers le ciel en vagues régulières dévorant les coteaux. Blondeur dorée de l’automne, givre cristal de l’hiver, verts généreux de l’été .
Des ceps noueux s’alignent de vallons en vallons en une apparente monotonie que dérangent ici et là la silhouette d’un moulin ou d’un clocher.

« Ce qui sépare le nomade du sédentaire [du citadin], c’est cette faculté qui est celle du marin sur l’océan…de distinguer le moindre changement, d’admirer la variété là ou d’autres ne verraient que du vide. Ici, nous avons tout à apprendre. »
Gens des nuages. Jemia et J.M.G Le Clezio.

Facile analogie entre ces vastes étendues de sable évoqués ici et ces cultures aux lignes régulières dessinant le paysage. Chaque pied de vigne, chaque parcelle a son histoire, sa sueur et sa saveur. Le présent n’oublie pas le passé. Là où je ne vois qu’une simple vigne, le clos st Pierre égrène le temps des saisons depuis des générations. Ici, c’est du chardonnay que l’on vendange délicatement pour le crémant, plus loin du pinot noir pour un rouge fruité.

St Désert est un pays avec son et ses histoires, sa et ses cultures.
On voyage sur le vin, dans un océan de plaisirs balayés par des vents de saveurs raffinées. Fruits des bois, groseille, amande, noix, caramel, réglisse, champignon et puis ne pas oublier le millésime. Un éternel recommencement pour une perpétuelle découverte. Magie.Les verres en disent long. Ils respirent, transpirent, parlent de l’amour de la terre, soupirent puis se taisent car le silence est propice au plaisir et à l’introspection. C’est bon. Le partage, la générosité est meilleure encore.

Aujourd’hui, St Vincent, la fête des vignerons.
Le saint et la bannière franchissent solennellement le porche de l’église au rythme de cuivres joyeux et rutilants. Epicure s’invite avec bonhomie dans la maison de Dieu. Monsieur le curé constate la différence entre notre pays et l’Asie. « Nous avons le vin et le pain, ils ont le thé et le riz. C’est ainsi. »
Il parle de la foi par des paraboles bourguignonnes. Heureux le sarment plein d’amour qui donne de beaux fruits, gare au brulot ! (genre de brouette en fer où l’on brûle les sarments morts après la taille.) Son regard me semble malicieux. Et puis c’est l’heure de l’apéritif au pied de l’autel. Les bouchons explosent, le vin doré coule dans les petits ballons, la brioche circule dans un panier d’osier.Le petit Jésus en culotte de velours !
Le christ sur la croix reprend des couleurs, les yeux des convives se plissent de bonheur. Une gerbe de fleurs au monument aux morts, la marseillaise pour st Vincent et la procession repart vers d’autres festivités gargantuesques, un nombre mystérieux de verres à déguster, de mets à savourer. Dieu seul le sait !






1 commentaire:

É. a dit…

Eh bien ! Quelle découverte. Je reviendrai ici lentement, patiemment, et je dévorerai tout.