Souvenirs d'Asie centrale. La passe d'Irkestam.
Irkestam, 8 octobre 2007.
Entre Turkestan chinois et Asie centrale; Pamir et Karakorum; Tien Shan et Takla-Makan des cols aux noms étranges résonnent d’ aventures depuis la nuit des temps.
Le Torugart, l’Irkestam, le Kizil-Art, le Qolma s ’ouvrent ou se ferment selon la saison et l’humeur politique.
L’Irkestam au Kirghizstan descend sur la Chine, nous pousse vers Kachgar la ville carrefour, le mythe de la croisée des chemins vers l’Orient.
Un point sur la carte, de plus en plus proche, un col, une frontière.
J’ y voyais un lieu isolé, perché en haut d’une cime dénudée, quelques bicoques de douaniers, un silence battu de bourrasques glacées.
Perdu dans les détours de montagnes pelées, balayé par les vents tourbillonnants, l’agitation bat son plein. Une fourmilière, perdue à 3500 mètres.
L’Irkestam, caravansérail du troisième millénaire semble sorti de terre comme un champignon de rouille et de poussière, grouillant de vie, de trafics en tout genre.
La route de la soie s’évapore dans le dernier soupir de chameaux caravaniers odorants et silencieux.
Un nuage épais de kérosène s’étiole derrière un camion gigantesque et découvre la ville. Un chao, un amoncellement de wagons érodés, de cheminées fragiles lâchant une fumée blanche fuyant à l’horizontale.
La route « made in china » déverse des tonnes de marchandises, de ballots démesurés de plastiques bariolés et bon marché en partance pour l’ Asie centrale.
Une petite table, une toile cirée aux coquelicots acidulés, un rideau de dentelle, un coussin brodé.
A travers la fenêtre, le flou règne dans la tourmente, des silhouettes semblent voler. L’ombre d’un monstre d’acier surgit effrayante dérapant dans la terre souillée. La dentelle se balance, les bouteilles tintent, les verres frissonnent…
soms*: monnaie kirghize.
magazin* : magasin en russe.
