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18.4.09

Souvenirs d'Asie centrale. La passe d'Irkestam.

Irkestam, 8 octobre 2007.

Des lieux légendaires invitent au départ.
Entre Turkestan chinois et Asie centrale; Pamir et Karakorum; Tien Shan et Takla-Makan des cols aux noms étranges résonnent d’ aventures depuis la nuit des temps.

Le Torugart, l’Irkestam, le Kizil-Art, le Qolma s ’ouvrent ou se ferment selon la saison et l’humeur politique.
L’Irkestam au Kirghizstan descend sur la Chine, nous pousse vers Kachgar la ville carrefour, le mythe de la croisée des chemins vers l’Orient.
Un point sur la carte, de plus en plus proche, un col, une frontière.
J’ y voyais un lieu isolé, perché en haut d’une cime dénudée, quelques bicoques de douaniers, un silence battu de bourrasques glacées.
Perdu dans les détours de montagnes pelées, balayé par les vents tourbillonnants, l’agitation bat son plein. Une fourmilière, perdue à 3500 mètres.
L’Irkestam, caravansérail du troisième millénaire semble sorti de terre comme un champignon de rouille et de poussière, grouillant de vie, de trafics en tout genre.
La route de la soie s’évapore dans le dernier soupir de chameaux caravaniers odorants et silencieux.
Un nuage épais de kérosène s’étiole derrière un camion gigantesque et découvre la ville. Un chao, un amoncellement de wagons érodés, de cheminées fragiles lâchant une fumée blanche fuyant à l’horizontale.
La route « made in china » déverse des tonnes de marchandises, de ballots démesurés de plastiques bariolés et bon marché en partance pour l’ Asie centrale.



L ’âme nomade des kirghizes a semé ici une terre de roulottes éphémères dans l’espoir de gagner quelques soms*. J’imagine la transhumance des wagons se déracinant de la steppe, cahotant sur les pistes du Pamir pour atterrir là dans cet immense bazar.
De loin, on croirait un port aux épaves échouées, rongées par un océan de dureté.
Bidonville pour un œil pressé, la vie s’invente pourtant un refuge intérieur où la douceur étonne.Dedans, chacun s’isole du souffle ravageur de l‘air, de la poussière féroce, des hurlements de métal et se crée un ailleurs empli de tendresse et d’humanité. Force émouvante qui du néant fait naitre un petit coin de paix et donne confiance.
Dans le magazin* où les marchandises s’exposent en piles appliquées, où le verre des bouteilles scintillent sous une lumière fragile, une odeur de savon s’est installée. Un poster de papier glacé s’évade sur un chalet suisse au ruisseau gargouillant dans le vert saturé d’une herbe printanière.
Une petite table, une toile cirée aux coquelicots acidulés, un rideau de dentelle, un coussin brodé.
A travers la fenêtre, le flou règne dans la tourmente, des silhouettes semblent voler. L’ombre d’un monstre d’acier surgit effrayante dérapant dans la terre souillée. La dentelle se balance, les bouteilles tintent, les verres frissonnent…
soms*: monnaie kirghize.
magazin* : magasin en russe.

5.1.09

Jibek Julu . Bishkek .




Sur Jibek julu . Bishkek . Décembre 2008

Bibiche sur Jibeck Julu.


La gare des bus où les casquettes en cuir cigarette aux lèvres haranguent le client à grand coup de « Osh ! Osh ! » ; Les taxis scotchés au coin de la rue ; le petit bazar aux lipiochkas dorés ; tout semble familier malgré le givre d’hiver.
Les images du départ, son ivresse, son espoir, son bonheur me sautent à la gorge et m’envahissent de mélancolie.

18 mois. La route des nuages est née et va s’éteindre ici. Difficile à croire. Sans vélo les tortues sont comme nues. Ridicule non ? Et si on poussait jusqu’à Stamboul ? Rien que Stamboul, c’est tout.

Allez non, un temps de repos à Bichkek où l’on prend nos quartiers d’hiver pour s’organiser.C’est décidé, un petit tour en France et un autre départ sans vélo pour… Darjeeling !

Une autre aventure, un autre rêve. S’arrêter quelque part pour faire revivre nos souvenirs, les sortir de l’ombre avec des mots et des images, pour s’imprégner longuement d’un lieu, pour hiberner et être encore des tortues, pour se créer des rites, pour être plus que de passage, pour admirer encore et encore l’Himalaya, pour rencontrer le Kangchenjunga, tout simplement pour voir.

23.12.08

A Karkara, le chant doux du muezin s'échappe de la mosquée argentée . Décembre 2008

A Karkara, le chant doux du muezin s'échappe de la mosquée argentée, résonne sur les montagnes alentour. Les sabots d'un cheval claquent sur le pavé. Le cavalier, chapka sur la tête, d'étranges lunettes de soudeur sur les yeux, une barbiche effilée à la mode des Khan semble sortir d'un autre siècle. Dans les ruelles de baraques turquoises du bazar, la silhouette des vendeurs se devinent à travers la fumée épaisse et odorantes des samosas.
Plus loin, des hommes jouent aux cartes sur le capot d'une lada rouillée. Leurs têtes se touchent en un recueillement silencieux, les cartes claquent, les voix explosent, les casquettes de cuir se redressent laissant percevoir de larges moustaches sur des sourires dorés.

- Kirghistan ? Priama.

La route fuie sur des cimes déchiquetées au delà desquelles j'imagine pensive le Taklamakan et l'oasis d'Aksu. La Chine.

Au sud ouest, une pyramide éthérée lévite dans l'air qui résonne. Nous y voyons le Khan Tengri, le roi des monts célestes et évoquons Ella Maillard qui chevauchait ici dans les années 30.

Encore quelques voitures cahotantes d'une lenteur poétique où des ombres aux toques imposantes agitent les mains et sourient dans l'habitacle. Puis c'est une solitude feutrée.

A mesure que la piste grimpe doucement, la neige illumine le paysage, la piste blanchit, les pneus crissent, glissent rompant l'équilibre précaire du vélo.

Difficile de s'imaginer dans cette immensité bleutée, sur cette route esseulée, un poste frontière. Il apparaît pourtant sous la forme d'un petit chalet de bois fumant dans le lointain ,au bout d'une ligne chaotique de poteaux électriques flottant sur la poudreuse. Un autre pays, mais rien ne heurte le flot de la vie sur ce plateau perdu.

Des chevaux galopent sans bruit sur fond de hautes montagnes gelées. Le soleil baisse, la lumière vire au violet. Comme deux gamines amusées, nous plantons la tente au milieu de la lune argentée. Le ciel rosit derrière la ligne des sommets assombris, le froid pince nos joues ravies.Un temps irréel où rien ne sert de penser.

Des nuages pastels sur le blanc irisé, une lumière figée, la lune accrochée au bleu de la nuit glacée.

Un chien veille sur nos rêves agités.

3.8.07

Karachoe !

Le voyage ne commence pas le jour du départ mais s'enracine dans les méandres de l'imaginaire, les récits d'autres voyageurs, l'imbroglio incompréhensible de nos désirs.

Rêveries les yeux fermés où l'on se voit déjà sur la route, dans un monde aux senteurs étrangères, aux sons inconnus, aux lumières d'Orient. Et puis toujours, le rêve se confronte aux réalités dans ces moments fondateurs du voyage, faits de découvertes, de surprises, d'étonnements. C'est ainsi !


La Kirghizie? Les Tien Shan? Peut être stupidement, cette région du globe m'évoquait un monde de héros kazakhs au regard noir et acéré comme leurs aigles chasseurs, de cavaliers à barbe drue adeptes de bouskachi. Univers viril, masculin où il nous serait difficile de se sentir complétement libre.


Dix jours de vélo, quelques autres dans la capitale, c'est bien peu pour prétendre connaître une région mais assez pour faire tomber quelques préjugés.

A Bichkek, le long des grands boulevards, les jeunes femmes promènent leurs jambes nues perchées sur de hauts talons, les fesses moulées dans de petites jupes multicolores.

Au col d'Ala-Bel, de la yourte fumante comme une petite marmite posée sur l'herbe verte, les femmes nomades nous rapportent du thé brûlant, un plat moutonnesque savoureux. Elles veillent ! Sourires !





Raïa et Gula, superbes fêtardes Tatares nous aideront à reprendre les quelques kilos perdus dans la montée des cols, lors d'une halte salvatrice dans l'oasis de Jala-Abad.
Cuisine succulente parfumée à l'aneth," lipiochka "doré trempé dans le miel et la framboise, pistaches... Mmm !!!!
Nous danserons comme des folles sur une techno russo Tatare en sirotant des petits verres de vin sucré sous le regard à peine étonné d'un " mouch " oublié dans un coin.
Osh, la route continue.... !

* Lipiochka : Petit pain rond
* Mouch : Mari





19.7.07

Arrivée en Khirgizie : Le feuilleton.

Premier épisode : Lundi 9 juillet. Aéroport de Manas. 6H. 23 oC.

'' Plus de sac pour aujourd'hui! " Le tapis roulant stoppe ses grincements et le type de la British Airways tourne les talons. '' No bike today! " Il sourit de toutes ses dents en or et je me surprends à apprécier l'humour khirgize et un côté farceur bien particulier.
Aprés le troisième " No bike ! ", je comprends enfin qu'il pourrait annoncer une guerre mondiale sur le même ton.

Deuxième épisode : Mardi 10 Juillet. Aéroport de Manas. 14H. 40 oC.

" Big problem in London. Pourquoi ne pas acheter un vélo ici ? " Mariana, blonde platine, maquillage prisunic, au look plus Aeroflot que british, aprés avoir encaissé notre colére,entendu nos supplications, nous promet de pistonner Zoom et Scotti face à la montagne de sacs accumulés à Heathrow depuis des mois. Espoir!

Troisième épisode : Mercredi 11 Juillet. Guest house. 18H. 30 oC.

Tournée générale de Baltika tiédasse à la Nomad's guest house. Le téléphone annonce la bonne nouvelle. Les vélos arrivent demain. D'un seul coup, Mariana détrône Lénine en haut de son piédestal. En super héroine, comme au bon vieux temps du réalisme soviétique, elle scintille de 1000 feux.

Quatrième épisode : Jeudi 12 Juillet. Guest house. 6H. 20 oC.

La voix slave de Mariana me réveille comme une douche froide. " No bike. Sorrry. " La statue s'écroule dans la poussière sous les acclamations d'une foule de cyclovoyageurs, deux globe-tortues révoltées en porte drapeau. Un cafard grassouillet grimpe dans nos têtes. Trahison!

Cinquième èpisode : Vendredi 13 Juillet : Bishkek. 48 oC dans l'aprés midi.

Désabusées, nous errons dans la ville avec une foule de "peut être" qui se bousculent dans nos pensées. Angoisse !

Sixième épisode: Lundi 16 Juillet. Aéroport de Manas. 6H. 25 oC.


Le tapis roulant stoppe ses grincements. " Plus de sac pour aujourd'hui ! "

Deux vélos s'ennuient dans un coin.

L'histoire va pouvoir commencer.




Portfolio Bischkek

Tiens ! Tiens ! 2 yourtes dans un Jardin.


En ce lieu de passage, carrefour des routes d 'Asie Centrale, oasis où se retrouvent les voyageurs le temps d' une halte, d'un départ, d' un transfert... C' est à Bishkek que Raïssa accueille toute une " foultitude " multicolore et bigarée.



http://nomadshome.googlepages.com/

18.7.07

Test @net

Par tous les " LENINE ", nous voici enfin les 2 pieds dans " le Koulmis ", le ventre plein de " Laghman " bien grasses .

45 o sous les parpins.

Les ordinateurs des @net de BISHKEK refusent tous les accents, et autres ponctuations utiles pour communiquer dans la langue de MOLIERE.....!

Recherchons des solutions...!