11.3.09

Darjeeling : Me reviennent aujourd'hui, les souvenirs de ce temps vagabond...

Me reviennent aujourd’hui, les souvenirs de ce temps vagabond où nous partions à vélo sur la route des nuages . L’âme légère, nous larguions habitudes et confort avides de vivre le présent , de se saouler de paysages et de nouveaux visages.
Les yeux fermés dévalent dans ma mémoire des images d’une netteté éblouie, des émotions rares, des bruits assourdis, des odeurs éphémères. Tout se bouscule dans l’anarchie magique des souvenirs.
La pluie de mousson tambourinant sur le toit de bambou , les chevaux du vent* claquant dans l’air comme les voiles d’un bateau, l’odeur des bouleaux argentés perdus dans la steppe, le chant sonore du gecko annonçant la nuit, le silence feutré dans la ger* endormie, cette bouffée de bonheur face à la route infinie…
Il faut raviver ces émotions, les sortir de l’ombre pour les coucher sur le papier en mots, en couleurs et continuer le voyage.
A Darjeeling, dans la maison de bois surplombant la vallée, nous posons nos valises pour une autre aventure. Une brume vaporeuse passe, puis disparait derrière les carreaux découvrant des rayons blêmes annonçant le printemps. En sirotant un thé ou un whisky dans les fauteuils en rotin défraichi, nous me faisons l’effet de deux dames anglaises.
Ed dessine, se souvient en images et je bouscule les mots en tentant l’écriture.

« Ne te préoccupe que de l’acte, jamais de ses fruits », ce précepte hindou flotte dans mes pensées, quand s’échappant des vapeurs matinales, les cloches affairées annoncent le puja*.
Bhagavad gita.

Chevaux du vent* : drapeaux de prière du bouddhisme tibétain.
Ger* : yourte mongole.
Puja*: prière hindoue.

1 commentaire:

É. a dit…

Ok. Je vais essayer de me souvenir de ça pendant les prochains jours. L'acte et non les fruits. Génial.